RĂ©forme migratoire : Bruxelles en quĂȘte d’unitĂ© face Ă  la crise

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Sommaire

La politique migratoire europĂ©enne est au centre des attentions Ă  quelques mois des Ă©lections europĂ©ennes prĂ©vues pour mai 2024. A l’instar d’un puzzle dont les piĂšces semblent Ă©parpillĂ©es par un vent politique de plus en plus fort, l’Union EuropĂ©enne (UE) peine Ă  trouver un consensus en matiĂšre de gestion migratoire. Les ministres de l’intĂ©rieur de l’UE se sont donc retrouvĂ©s Ă  Bruxelles pour dĂ©battre une Ă©niĂšme fois de ce dossier Ă©pineux.

L’urgence d’une rĂ©forme

Loin d’ĂȘtre une idĂ©e nouvelle, la rĂ©forme de la politique migratoire europĂ©enne est devenue une nĂ©cessitĂ© pressante. Le spectre de la crise de 2015-2016 plane toujours sur l’Europe. Cette rĂ©union a donc pour objectif de mettre en place une politique plus efficace en cas de nouvelle crise migratoire qui pourrait Ă©branler l’Europe.

L’UE cherche donc Ă  adopter un nouveau pacte sur la migration et l’asile. Ce projet, dĂ©jĂ  en discussions depuis trois ans, doit ĂȘtre adoptĂ© avant les Ă©lections europĂ©ennes de 2024. La pression est d’autant plus grande que la prĂ©sidente du Parlement europĂ©en insiste sur la nĂ©cessitĂ© de son adoption rapide.

Le pacte prĂ©voit entre autres, une prolongation de la durĂ©e de dĂ©tention d’un migrant lors de son arrivĂ©e sur le sol europĂ©en, un renforcement du contrĂŽle aux frontiĂšres et une gestion plus efficace de l’asile avec un examen plus rapide Ă  l’arrivĂ©e sur le sol europĂ©en, qui devrait ĂȘtre effectuĂ© sous un dĂ©lai de 5 jours.

Mécanisme de solidarité : point de cristallisation des tensions

L’Ă©lĂ©ment le plus controversĂ© de ce pacte demeure le mĂ©canisme de solidaritĂ©. Il est conçu pour allĂ©ger la pression sur les pays les plus exposĂ©s Ă  la migration comme l’Italie et la GrĂšce, vĂ©ritables portes d’entrĂ©e de l’Europe.

Ce mĂ©canisme propose trois solutions : accueillir une partie des demandeurs d’asile dans un autre pays avec une aide financiĂšre de l’Europe ; les aider Ă  rentrer dans leur pays d’origine ; ou alors soutenir financiĂšrement les pays europĂ©ens sous pression migratoire. L’aide envisagĂ©e serait de 20000 euros par demandeur d’asile.

Cependant, l’Europe est loin d’ĂȘtre unie sur cette question, et les divisions sont nombreuses. L’opposition farouche de pays tels que la Hongrie, la Pologne, la RĂ©publique tchĂšque et l’Autriche, ainsi que l’abstention de l’Allemagne, de la Slovaquie et des Pays-Bas ont pour le moment paralysĂ© les nĂ©gociations.

La question Ă©pineuse des frontiĂšres

Avec la crise Ă  Lampedusa qui a vu l’arrivĂ©e en trois jours de plus de 8000 migrants, la question des frontiĂšres et de leurs contrĂŽles refait surface. Les accords de Schengen, qui garantissent la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace europĂ©en depuis 1995, sont mis Ă  rude Ă©preuve.

Ainsi, l’Allemagne a annoncĂ© le renforcement de ses contrĂŽles Ă  la frontiĂšre avec la Pologne et la RĂ©publique tchĂšque. Elle reproche Ă  l’Italie de ne pas assez protĂ©ger ses frontiĂšres. Berlin a mĂȘme dĂ©clarĂ© ne pas vouloir accueillir sur son sol les migrants arrivĂ©s Ă  Lampedusa.

Un enjeu national

La question migratoire est devenue un enjeu national majeur. En 2022, l’Europe a accueilli 966 000 demandeurs d’asile. Parmi eux, 41% ont choisi l’Allemagne, 13% la France, 10% l’Italie et 9% l’Espagne.

L’Allemagne a connu une augmentation de prĂšs de 80% des demandeurs d’asile depuis le dĂ©but de l’annĂ©e. Cette problĂ©matique devient prĂ©occupante Ă  l’approche des Ă©lections rĂ©gionales allemandes.

Conclusion

Alors que le dĂ©fi migratoire ne cesse de s’amplifier, l’Union EuropĂ©enne semble encore loin d’une rĂ©ponse commune et Ă©quilibrĂ©e. Reste Ă  voir si les prochains mois verront l’Ă©mergence d’un consensus ou si les dissensions perdureront. Quoi qu’il en soit, cette question ne manquera pas d’ĂȘtre au centre des dĂ©bats lors des prochaines Ă©lections europĂ©ennes.

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