Manic Street Preachers et leur performance mémorable à Glastonbury 1994

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Les annĂ©es 90 ont Ă©tĂ© une pĂ©riode tumultueuse pour le rock britannique, et peu de groupes ont su capter autant l’attention que les Manic Street Preachers. Leur carrière est marquĂ©e par des dĂ©clarations controversĂ©es, des performances inoubliables, et une attitude rebelle qui n’a laissĂ© personne indiffĂ©rent. Parmi toutes leurs interventions mĂ©morables, leur passage Ă  Glastonbury en 1994 demeure un moment clĂ©, non seulement dans l’histoire du groupe, mais aussi dans l’univers musical britannique. Replongeons ensemble dans cette Ă©poque oĂą le rock Ă©tait synonyme de provocations et d’audace.

Les débuts provocateurs des Manic Street Preachers

Les Manic Street Preachers n’ont jamais Ă©tĂ© timides lorsqu’il s’agissait de faire des dĂ©clarations chocs. Dès leurs dĂ©buts, ils ont su faire parler d’eux de manière controversĂ©e. Lors de leur première performance Ă  Glastonbury en 1994, le bassiste Nicky Wire avait crĂ©Ă© la polĂ©mique en dĂ©clarant que les urbanistes devraient « construire quelques putains de dĂ©viations de plus sur ce trou Ă  rats ». Une phrase qui a fait lever plus d’un sourcil mais qui Ă©tait typique de l’attitude frondeuse du groupe.

De mĂŞme, en 1991, le guitariste Richey Edwards avait choquĂ© en exprimant son dĂ©goĂ»t pour les pionniers du shoegaze Slowdive, en affirmant qu’il les « dĂ©testait plus qu’Hitler ». Un an plus tard, sur scène Ă  Kilburn National Ă  Londres, Nicky Wire enfonçait le clou avec une dĂ©claration tout aussi choquante, espĂ©rant que Michael Stipe connaĂ®trait le mĂŞme destin que Freddie Mercury. Il regrettera plus tard cette sortie, tentant d’expliquer qu’il voulait souligner comment les vies des cĂ©lĂ©britĂ©s ne devraient pas ĂŞtre plus vĂ©nĂ©rĂ©es que celles des gens ordinaires.

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La réaction médiatique et publique

Ces dĂ©clarations n’ont pas manquĂ© de susciter des rĂ©actions, principalement dans les pages des journaux musicaux britanniques. Cependant, c’est lors de leur apparition tĂ©lĂ©visĂ©e dans l’Ă©mission Top Of The Pops en 1994 que le groupe a vĂ©ritablement suscitĂ© l’indignation du grand public. Le single « Faster/PCP », extrait de leur troisième album The Holy Bible, sorti le 31 mai 1994, avait dĂ©jĂ  marquĂ© les esprits par son ton plus sombre et agressif comparĂ© Ă  leurs prĂ©cĂ©dentes Ĺ“uvres.

Lorsque les Manic Street Preachers ont interprĂ©tĂ© ce titre le 9 juin 1994, ils ont littĂ©ralement choquĂ© la nation. HabillĂ©s en treillis militaire, avec le chanteur James Dean Bradfield portant une cagoule noire avec son prĂ©nom Ă©crit dessus, ils ont offert une prestation Ă  des annĂ©es-lumière des standards habituels de l’Ă©mission, qui ce soir-lĂ  comptait aussi sur des prestations de Wet Wet Wet et le titre caritatif « Absolutely Fabulous » des Pet Shop Boys.

La controverse de la cagoule

Ric Blaxill, l’ancien producteur de Top Of The Pops, se souvient de cette soirĂ©e dans une rĂ©cente interview. « Je me souviens avoir discutĂ© avec eux dans la loge, » raconte-t-il. « James avait cette cagoule, tricotĂ©e par sa grand-mère ou sa tante. Il m’a demandĂ© s’il pouvait la porter pour rigoler et lui montrer qu’il l’avait bien avec lui. J’ai trouvĂ© que c’Ă©tait une idĂ©e marrante ! » Pourtant, ce qui semblait ĂŞtre une plaisanterie innocente a suscitĂ© une rĂ©action bien plus sĂ©rieuse.

Le public ne partageait pas l’enthousiasme du producteur, et la BBC a reçu un nombre record de 25 000 plaintes. La majoritĂ© des plaignants interprĂ©taient la tenue du groupe comme un soutien aux organisations paramilitaires actives en Irlande du Nord, une idĂ©e farfelue Ă©tant donnĂ© que les Manics n’avaient jamais pris position sur ces questions.

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James Dean Bradfield a par la suite expliquĂ© au Guardian : « Parce que nous Ă©tions tous habillĂ©s en tenues militaires, cela donnait l’impression que nous parodions l’utilisation du pouvoir lĂ©gitime, comme les forces spĂ©ciales. Nous n’avions pas rĂ©alisĂ© que les gens y verraient un symbole paramilitaire irlandais. » De son cĂ´tĂ©, Nicky Wire se rappelle que le lendemain, leur label Sony leur avait dit : « Vous ne passerez plus jamais Ă  Top of the Pops ! »

La légende continue

MalgrĂ© les rĂ©ticences initiales du label, les Manic Street Preachers ont continuĂ© Ă  participer Ă  Top Of The Pops. Comme ils l’ont Ă©crit plus tard sur Twitter : « Nous adorions jouer Ă  Top of The Pops. Nous avons grandi en le regardant – tant de souvenirs assis Ă  la cantine en repĂ©rant les acteurs de Eastenders. C’est le SUMMUM de l’aliĂ©nation et de la rage. »

Anecdote amusante, la fameuse cagoule est aujourd’hui utilisĂ©e comme cache-thĂ©ière dans le studio du groupe. Un rappel matĂ©riel de cette pĂ©riode oĂą chaque geste, chaque parole, Ă©tait potentiellement explosif.

Conclusion

En revisitant cette performance et en comprenant les rĂ©actions qu’elle a suscitĂ©es, on se rend compte Ă  quel point les Manic Street Preachers Ă©taient et sont toujours un groupe qui ne laisse personne indiffĂ©rent. Leur passage Ă  Glastonbury en 1994, avec leur attitude provocatrice et leur musique percutante, reste un moment clĂ© dans l’histoire du rock britannique. Plus que des simples musiciens, ils se sont imposĂ©s comme des icĂ´nes de la rĂ©bellion et de l’authenticitĂ©, marquant durablement les esprits.

Le rock n’est pas mort, il vit dans nos mĂ©moires

Alors que les années passent, ces moments de rébellion et de provocation restent gravés dans la mémoire collective. Ils rappellent une époque où la musique avait le pouvoir de choquer, de provoquer des discussions et de remettre en question le statu quo. Les Manic Street Preachers sont un témoignage vivant de cette époque, et leur performance à Glastonbury en 1994 est une preuve éclatante de leur impact durable sur la scène musicale britannique.

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