Dans l’arène juridique contre l’inaction climatique : le procès historique de 32 États

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Le 29 septembre 2023 marque une date importante dans notre lutte mondiale pour un avenir durable. Une affaire juridique historique a vu le jour, mettant en cause pas moins de 32 États pour leur inaction face à la menace croissante du changement climatique. Une affaire ambitieuse, certes, mais profondément nécessaire.

L’audacieuse mobilisation des jeunes

Ce sont des jeunes qui sont Ă  l’origine de cette affaire. Soutenus par le Global Action Network, ils ont dĂ©cidĂ© de se battre pour leur avenir, arguant que l’inaction des gouvernements porte atteinte Ă  leurs droits fondamentaux.

Pour mieux comprendre cette affaire, nous avons eu le plaisir d’Ă©changer avec Cali Gaara, juriste au Global Action Network. Selon elle, le rĂ©chauffement climatique constitue une violation du droit Ă  la vie, du droit au respect de la vie privĂ©e et de la vie familiale et du droit Ă  l’absence de traitement inhumain. Ce sont ces droits inscrits dans la Convention europĂ©enne des droits de l’homme qui sont au cĹ“ur de leur argumentation.

Une affaire qui fait jurisprudence

Face Ă  l’ampleur de cette affaire, la question de la recevabilitĂ© de la requĂŞte a Ă©tĂ© soulevĂ©e. NĂ©anmoins, la juriste se montre optimiste quant Ă  son aboutissement. Elle explique que les voies de recours internes n’ont pas Ă©tĂ© Ă©puisĂ©es, souvent par absence d’efficacitĂ© dans la protection des droits des citoyens.

La Cour europĂ©enne des droits de l’homme, Ă  qui est adressĂ©e la requĂŞte, est gĂ©nĂ©ralement souple sur cette question, n’imposant pas au requĂ©rant la charge d’Ă©puiser des voies de recours qui imposeraient un fardeau trop important.

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Un verdict historique en vue

S’il y a condamnation, il ne fait aucun doute que ce jugement marquerait une avancĂ©e dĂ©cisive en matière de litige climatique. D’une part, en raison de l’ampleur du dossier, qui concerne tous les États membres de l’Union europĂ©enne. D’autre part, en raison de l’impact potentiel d’une dĂ©cision qui serait contraignante pour tous ces États.

Cependant, il reste Ă  savoir si une telle dĂ©cision serait suivie d’actions concrètes. Cali Gaara se montre confiante Ă  ce sujet. Elle prĂ©cise que le Conseil de l’Europe dispose d’un mĂ©canisme permettant de mettre en Ĺ“uvre les dĂ©cisions de la Cour. De plus, elle compte sur le pouvoir judiciaire national pour appliquer, au niveau domestique, une Ă©ventuelle dĂ©cision de la Cour.

Un pas de géant pour la justice climatique

Plus qu’un simple procès, cette affaire symbolise un vĂ©ritable pas de gĂ©ant pour la justice climatique. Elle illustre le pouvoir que peuvent avoir des citoyens dĂ©terminĂ©s Ă  faire valoir leurs droits. Elle pose Ă©galement un prĂ©cĂ©dent pour d’autres cas similaires dans le futur.

S’il y a condamnation, le message envoyĂ© aux États serait clair : leur inaction face au changement climatique n’est plus acceptable. Il est temps pour eux de mettre en Ĺ“uvre des mesures concrètes pour lutter contre le rĂ©chauffement climatique.

En conclusion, cette affaire est l’illustration d’une nouvelle forme de mobilisation citoyenne, qui utilise le droit comme outil de lutte contre l’inaction climatique. L’espoir est dĂ©sormais que cette action en justice sera un catalyseur pour de vĂ©ritables changements politiques. Tout comme Cali Gaara, nous attendons avec impatience l’issue de ce procès historique. Que le verdict serve de signal d’alarme pour tous les États et ouvre la voie Ă  une action climatique plus ambitieuse et plus urgente.

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