Coup de projecteur sur les jeunes primo-votants engagés

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Sommaire

Une jeunesse mobilisée face aux enjeux politiques

Il y a une semaine, cent neuf jeunes, majoritairement des primo-votants issus de la sociĂ©tĂ© civile, ont eu l’opportunitĂ© de questionner six reprĂ©sentants politiques sur leurs programmes et visions lors d’une Ă©mission intitulĂ©e « La Une ». Ces six personnalitĂ©s politiques couvrent tout l’Ă©ventail politique francophone : Diana Nikolic (MR), Jean-Luc Crucke (Les EngagĂ©s), Sophie Rohonyi (DĂ©FI), Thomas Dermine (PS), Sarah Schlitz (Ecolo) et Germain Mugemangango (PTB).

Pendant 90 minutes, ces derniers ont exposĂ© leurs idĂ©es sur des thèmes chers Ă  cette nouvelle gĂ©nĂ©ration d’Ă©lecteurs comme la santĂ©, le pouvoir d’achat, la sĂ©curitĂ© et l’Ă©ducation. Les questions des jeunes Ă©taient directes et sans complaisance, reflĂ©tant une vĂ©ritable soif de transparence et d’engagement politique.

Une vérification nécessaire des propos tenus

Il n’est pas rare que les dĂ©bats politiques soient entachĂ©s d’affirmations discutables ou exagĂ©rĂ©es. Pour cette raison, l’Ă©quipe de fact-checking de la RTBF, Faky, a vĂ©rifiĂ© quinze affirmations faites par les six reprĂ©sentants politiques le 15 mai dernier. L’objectif Ă©tait de dĂ©mĂŞler le vrai du faux, en se basant exclusivement sur des Ă©lĂ©ments vĂ©rifiables tels que des chiffres, des lois, des dates, des budgets, des Ă©tudes universitaires ou des faits reconnus par tous.

Les affirmations ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es selon un ordre chronologique, Ă©vitant ainsi les notions subjectives ou les jugements de valeur. Lorsque les sources nĂ©cessaires Ă  la vĂ©rification d’une affirmation n’Ă©taient pas disponibles en libre accès, elles ont Ă©tĂ© fournies par des administrations de l’État.

Thomas Dermine (PS) : « Au Parti socialiste, dans le gouvernement précédent, on avait un engagement sur le relèvement des basses pensions. Et bien on l’a dit, on l’a fait. »

VRAI.

C’Ă©tait une des promesses de la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS) : relever les pensions minimums au-dessus de 1500 euros nets par mois. Promesse tenue. Plusieurs types de hausses expliquent ce « relèvement des basses pensions » : l’indexation automatique, l’enveloppe bien-ĂŞtre et l’action du gouvernement. Les montants nets Ă©voquĂ©s ici sont une estimation pour une personne isolĂ©e ayant 45 ans de carrière Ă  temps plein.

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Concernant les indexations, il y en a eu neuf pendant cette lĂ©gislature, permettant d’augmenter la pension minimum de 159 euros nets. Si on ajoute ce montant aux 1292 euros qui Ă©taient le montant net de la pension minimum lorsque la Vivaldi est entrĂ©e en fonction, elle s’élèverait Ă  1451 euros.

Ă€ ces augmentations automatiques, s’ajoutent les enveloppes bien-ĂŞtre nĂ©gociĂ©es entre syndicats, employeurs et politiques, mises en vigueur en 2021 et 2023. Elles reprĂ©sentent une hausse de 32 euros nets. Ce qui aurait donc fait monter la pension minimum Ă  1483 euros nets.

Une jeunesse désireuse de transparence

Les jeunes primo-votants engagés lors de cette émission ont montré une grande maturité et un désir évident de clarté et de vérité dans les propos des politiciens. Leurs questions pointues et leur insistance sur les faits vérifiables illustrent une génération bien informée et prête à assumer son rôle politique.

L’importance de l’Ă©ducation et de l’engagement civique

Le thème de l’Ă©ducation a Ă©galement Ă©tĂ© particulièrement discutĂ©. Les jeunes ont exprimĂ© leur intĂ©rĂŞt pour des rĂ©formes Ă©ducatives visant Ă  mieux prĂ©parer les Ă©lèves au monde moderne, tout en insistant sur l’importance de l’engagement civique dès le plus jeune âge.

Éducation : les propositions et les critiques

Sophie Rohonyi (DĂ©FI) a mis l’accent sur la nĂ©cessitĂ© de moderniser le système Ă©ducatif pour mieux rĂ©pondre aux dĂ©fis contemporains. Elle a proposĂ© des rĂ©formes qui incluent l’intĂ©gration des nouvelles technologies et la formation continue des enseignants. D’un autre cĂ´tĂ©, certains jeunes participants ont critiquĂ© la lenteur des rĂ©formes et ont exprimĂ© le besoin d’un système plus rĂ©actif et adaptable.

SantĂ© et pouvoir d’achat : des prĂ©occupations majeures

La santĂ© et le pouvoir d’achat ont Ă©galement Ă©tĂ© au centre des prĂ©occupations. Diana Nikolic (MR) a soulignĂ© l’importance de renforcer les systèmes de santĂ© publique et de garantir un accès universel aux soins de santĂ©. Elle a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de rendre les soins de santĂ© plus abordables, surtout pour les jeunes en dĂ©but de carrière.

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Germain Mugemangango (PTB) a, quant Ă  lui, mis en avant des propositions pour amĂ©liorer le pouvoir d’achat des jeunes, notamment Ă  travers des mesures fiscales plus Ă©quitables et une hausse du salaire minimum. Les jeunes primo-votants ont accueilli ces propositions avec un mĂ©lange d’espoir et de scepticisme, insistant sur la nĂ©cessitĂ© de voir des actions concrètes plutĂ´t que des promesses Ă©lectorales.

Sécurité : un débat passionné

La question de la sĂ©curitĂ© a suscitĂ© des dĂ©bats passionnĂ©s. Sarah Schlitz (Ecolo) a dĂ©fendu une approche axĂ©e sur la prĂ©vention et l’Ă©ducation, plutĂ´t que sur la rĂ©pression. Elle a proposĂ© des initiatives communautaires visant Ă  renforcer le lien social et Ă  rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s, qui sont souvent Ă  l’origine des problèmes de sĂ©curitĂ©.

Jean-Luc Crucke (Les EngagĂ©s), quant Ă  lui, a plaidĂ© pour un renforcement des forces de sĂ©curitĂ© et des mesures plus strictes pour lutter contre la criminalitĂ©. Les jeunes participants ont montrĂ© un vif intĂ©rĂŞt pour ces dĂ©bats, posant des questions incisives sur l’efficacitĂ© des diffĂ©rentes approches et sur les ressources nĂ©cessaires pour les mettre en Ĺ“uvre.

Un avenir prometteur pour la démocratie participative

Cette initiative de donner la parole aux jeunes primo-votants et de les impliquer directement dans le dĂ©bat politique est un signe encourageant pour l’avenir de notre dĂ©mocratie. Elle montre que la jeunesse est prĂŞte Ă  s’engager, Ă  poser des questions difficiles et Ă  demander des comptes Ă  ceux qui prĂ©tendent les reprĂ©senter.

En conclusion, cette rencontre entre jeunes primo-votants et reprĂ©sentants politiques a Ă©tĂ© riche en enseignements et en rĂ©vĂ©lations. Elle a mis en lumière les prĂ©occupations et les aspirations de la nouvelle gĂ©nĂ©ration et a montrĂ© que la jeunesse d’aujourd’hui est prĂŞte Ă  jouer un rĂ´le actif dans la vie politique. Que ce soit sur les questions de santĂ©, de pouvoir d’achat, de sĂ©curitĂ© ou d’Ă©ducation, les jeunes ont dĂ©montrĂ© une volontĂ© de comprendre, de s’impliquer et de contribuer Ă  façonner l’avenir.

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La jeunesse, un espoir pour la démocratie

Il est essentiel de continuer Ă  encourager ces initiatives, Ă  donner la parole aux jeunes et Ă  les impliquer dans les processus dĂ©mocratiques. La richesse de leurs idĂ©es et la force de leur engagement sont des atouts prĂ©cieux pour notre sociĂ©tĂ©. En leur offrant des plateformes pour s’exprimer et en prenant en compte leurs prĂ©occupations, nous pouvons construire une dĂ©mocratie plus inclusive et plus reprĂ©sentative.

Ce coup de projecteur sur les jeunes primo-votants engagés est un rappel important que la démocratie est un exercice collectif et que chaque voix compte. En écoutant et en intégrant les aspirations des jeunes, nous pouvons espérer un avenir plus juste, plus équitable et plus prospère pour tous.

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